J’y trouve la joie du lien direct à ce qui est autre. Un moment d’adhérence au déjà-là, à l’existant hors de soi. Un vécu de plain-pied qui demande à explorer ce qui semble venir à moi.
La photographie est l’histoire d’une rencontre avec la réalité du monde. Je sors pour me tourner vers elle, m’en nourrir, et m’y tenir.
L’approche photographique me permet de goûter ce qui est, et je creuse l’existant pour recueillir en lui sa puissance d’éloquence. Je la cherche dans ce qui fait l’apparaître du moment et la perception que j’en ai.
Comme la peau de ce qui est, la fugitive apparence des choses nous parle du réel. De ses structures et de ses forces, des mouvements en lui.
Les forces de ce flux insufflent à la forme sa présence singulière dans l’instant.
Entre densité et dématérialisation, sous la lumière du moment, l’apparaître se caractérise.
Pour un temps seulement.
Ce qui se montre ne durera pas, et de cette inévitable mouvance, je retiens la valeur de l’instant, de ce qu’il m’est donné à voir et à vivre. Des moments toujours neufs.
Il émane un parfum particulier de la découverte, un parfum où sourd l’ivresse de la quête.
Alors entre deux pôles je cherche l’œuvre. L’un d’eux, issu du réel, est un témoignage d’existence. L’autre est cette part au fond de moi, l’empreinte du moment vécu.