L’enjeu

Atteindre la force d’expression, l’intensité de présence…un enjeu réitéré dans chaque œuvre nouvelle.
En peinture il se vit dans le déroulement de l’acte, geste après geste. Se joue dans cet incessant va-et-vient entre la toile et moi.

En photographie, l’enjeu s’instaure dans l’histoire d’une rencontre.
S’il emprunte des chemins différents, il repose sur un point fondamental : la justesse, en toutes choses.
C’est une voie exigeante qui soulève des défis, des remises en question, des doutes. Mais c’est en elle que je saisis le sens et le bien-fondé de tout acte créatif.

Les champs du possible

La nécessaire et intuitive écoute du cœur et des sens laisse se manifester les troubles et les incertitudes. Ils sont les leviers qui incitent à prendre le temps, pour laisser aux questions le temps de se poser et de permettre aux obstacles de se lever.

Ralentir, relâcher et laisser advenir….
L’imprévisible, le nouveau et l’heureux hasard peuvent prendre place.
Ainsi, j’élargis mon espace.

Du sens

Sous cet angle d’approche émergent des choix spontanés, souvent intuitifs. Attentive à cela, j’y découvre des sens implicites qui me questionnent sur mon intention première.

Qu’est-ce qui fonde l’œuvre, quelle est sa raison d’être ?
Quelle direction prendre pour que la forme d’expression soit la forme juste de mon propos ?
L’œuvre oscille alors entre deux pôles: la réflexion et le sensible. Elle se nourrit de chacun d’eux.

Force

Dans l’œuvre, elle est à atteindre et à inscrire en son sein. Tenter cela c’est d’abord comprendre en quoi elle se joue dans chaque œuvre. Cela ouvre à une réflexion renouvelée, à une richesse et une fraîcheur dans chaque acte créatif. De sorte que l’œuvre s’imprègne d’une dimension plus large que la simple perception visuelle.

Cette force se donne comme un souffle qui appelle le sensible, un souffle où l’intime est requis par le saisissement.
Une seule certitude me guide : mon ressenti.

Un

C’est une «  épaisseur », une profondeur unifiante qui ne souffre d’aucun désaccord dans l’œuvre pour que celle ci soit saisit comme un tout.
Je la cherche dans la cohérence, les intimes correspondances entre ma sensibilité et l’expression plastique, et quand s’annule enfin toute distance entre l’œuvre et moi, je la sais être là.

Une nécessité

Il me faut écouter ce qui est rythme en moi, une pulsation à saisir : la forme de ce ressenti.
Le transposer dans l’œuvre, c’est chercher en elle son juste tempo.
C’est une vibration singulière qui est à trouver dans la forme de l’expression.
Le juste propos sera l’écho de mon ressenti, sa forme miroir inscrite dans l’œuvre par la similitude de rythme.
Un positionnement qui engage les sens, la pensée, et tous les choix relatifs à la conception.
L’esprit de l’œuvre repose en partie sur cette nécessité.